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Conseils

5 leçons importantes en photographie de paysage

Cela fait maintenant quelques années que j’ai commencé à faire sérieusement de la photographie de paysage. Ce qui était un loisir et devenu une passion. La semaine dernière, j’ai pris le temps d’analyser mes bonnes pratiques. Genre les choses qui me font faire de bonnes photos.

Ce n’est pas facile au début. Faire une introspection sur son travail n’est pas chose aisée, en tous cas pas pour moi. Certaines choses sont devenues si mécaniques, presque instinctives, que j’ai dû décortiquer ma façon de faire. Passer une semaine dans les montagnes en Bavière m’a franchement aidé (voir l’article sur les 5 endroits magiques en Europe pour photographier l’automne).

J’ai aussi choisi parmi mes photos celles que je préférais, souvent celles qui ont rencontré le plus de succès, mais pas toujours. J’ai examiné ces photos et je me suis demandé ce qui les rendait belles. Je vous livre aujourd’hui le fruit de mes réflexions.

 

1. Acceptez d’échouer

 

Nous essayons tous de réussir ce que nous entreprenons. Mais la réalité, c’est que pour réussir, il faut d’abord échouer. Et persévérer. Essayer, encore. Cela peut paraître évident, mais ceux qui réussissent sont ceux qui n’ont jamais abandonné. Ne jamais baisser les bras. Nous apprenons en échouant, en fait c’est la seule bonne manière de réussir.

Alors il vaut mieux accepter rapidement que l’échec fasse partie du processus d’apprentissage. En photographie de paysage, cela se traduit par exemple par le fait de revenir souvent bredouille de nos sorties. J’ai fini par accepter que je ne reviendrai que rarement avec une pêche miraculeuse. “LA” photo extraordinaire est…comment dire…plus rare que l’ordinaire comme son nom l’indique.

 

photographie de paysage
Photo Steve Halama

 

J’en suis arrivé à cette conclusion en regardant la quantité astronomique de photos que j’ai prises au cours de ces dernières années. La réalité, c’est que parmi la masse, il y a peu d’élues. La couche de crème est fine. Mais ça me va. J’ai accepté le fait de faire 90% de moyennes et mauvaises photos, pour 10% de bonnes et de très bonnes.

La plupart de mes photos ne sont tout simplement pas assez bonnes pour moi, elles ne me font pas pousser un “WOW” d’émerveillement. Pour une raison ou une autre, elles ne me satisfont pas. Elles ne sont pas de celles dont je suis certain, même des années après, d’avoir pris exactement ce que je voulais, comme je le voulais. Alors je ne les garde pas. Je suis impitoyable. Mais je reviendrai un peu plus tard sur ce point.

Échouer est une norme en photographie de paysage. Et c’est une bonne chose. Si nous prenions les plus belles photos tout le temps, il ne nous resterait plus rien à apprendre… Ce serait anormal, et si cela arrive un jour, il faut se poser une question : “qu’est-ce que j’ai loupé ?” Si cela arrive, c’est que nous ne sommes pas assez strict sur la qualité de notre travail. Il faut être plus exigeant et plus sélectif.

Ce serait trop facile, il n’y aurait pas de défi. Au fond, qu’est-ce qui m’anime lorsque je fais de la photographie ? Faire les mêmes shots que tout le monde, des mêmes endroits, ou bien tirer d’un paysage sa substantifique moelle ? Alors quand je vois des photos superbes, magnifiques, d’autres photographes, en particulier d’endroits que j’ai moi-même photographié, cela m’encourage. Ils ont vu des choses que je n’avais pas vu, ou capturé la scène d’une manière dont je n’ai pas été capable de faire, c’est quelque chose de positif et d’inspirant.

Je me rends compte à ce moment que j’ai encore des progrès à faire, que j’ai encore des choses à apprendre. La photographie en général est un voyage qui dure indéfiniment, il ne s’arrête jamais, nous n’avons jamais fini de nous améliorer et de maîtriser cet art. Ce serait d’ailleurs une chose terrible si nous étions arrivés à un plafond de compétences, au-delà duquel on ne peut plus progresser…Je ne sais pas pour vous, mais moi, ce qui m’attire justement dans cet art, c’est que l’on n’a justement jamais fini d’apprendre.

 

2. Le matériel est important

 

Nous entendons souvent ici et là, que le matériel n’est pas important pour faire une belle photo. C’est vrai, en partie. Je fais partie de ceux qui pensent qu’avoir un appareil couteux n’est pas forcément le gage de faire une bonne photo. J’ai commencé avec un boitier d’entrée de gamme, qui m’avait satisfait un long moment. Puis lorsque je fus limité par ses possibilités, j’ai évolué vers un appareil plus élaboré, mais pas le plus cher. J’ai conservé ce boitier jusque récemment, que j’ai troqué contre un appareil encore plus élaboré, mais qui correspond à mes besoins d’aujourd’hui.

 

photographie de paysage
Photo Héctor Martínez

 

Ce dont il faut avoir bien conscience, c’est que l’écart de performances entre un petit compact et un boitier hybride ou reflex d’entrée/milieu de gamme est énorme. En revanche, l’écart entre un boitier intermédiaire et un boitier haut de gamme est beaucoup plus mince. Il existe, mais ne sera pleinement exploité que si le photographe derrière le boitier sait comment s’y prendre. Avoir un excellent boitier n’est pas utile si on est débutant. Le bon conseil : il vaut mieux investir dans de meilleurs objectifs.

Avoir du matériel haut de gamme n’est valable que si l’on sait s’en servir comme il le faut. Plusieurs mois après l’acquisition de mon nouvel appareil, je ne le maîtrise pas encore… D’un autre côté, il faut un minimum de qualité dans le matériel photographique si vous voulez vraiment faire de bonnes photos. Il vaut mieux investir quelques dizaines d’euros de plus dans un bon trépied par exemple, que de rater des photos qui auraient pu être extraordinaires à cause d’un mauvais trépied non stabilisé. Croyez-moi, c’est du vécu…

Au départ, j’ai fait comme beaucoup, j’ai voulu économiser sur les accessoires, comme le trépied. 3 mauvais trépieds pas chers plus tard, j’ai enfin investi dans un bon trépied, qui me sert toujours à l’heure où j’écris ces lignes. Résultat : j’avais dépensé la somme équivalente à un bon trépied avant d’en acheter un, si bien que j’ai en fait dépensé la somme équivalente à 2 bons trépieds… erreur à ne pas reproduire avec les filtres…

 

3. Arriver tôt sur place

 

C’est quelque chose qui paraît évident mais arriver suffisamment en avance sur place est pri-mor-dial ! La semaine dernière, en Bavière, je voulais photographier une cascade, une belle cascade. J’avais prévu d’y aller en fin de journée. Le soleil se couchant vers 18h15, je pouvais profiter des derniers rayons jusque 17h00 environ. Mais n’y étant jamais allé auparavant, il fallait que j’y soit au moins 1 heure avant. Le fait est qu’à 16h00, j’étais encore dans les montagnes, de retour d’une randonnée, à 1 heure de route de la cascade. Inutile de vous dire que je n’ai même pas essayé de m’y rendre.

Il y a aussi tout le travail en amont de la séance de prise de vues qui est important. Le repérage, l’étude des lieux, des cartes, du relief, de la lumière, des conditions météo, des heures des marées si on est en bord de mer….bref il y a tout un travail de préparation avant de se rendre sur place. Heureusement des app existent et nous facilitent la vie, comme Google Earth ou Sun Surveyor, il faut s’en servir pour préparer au maximum la séance et s’épargner de mauvaises surprises et de perdre du temps inutilement.

 

photographie de paysage
Photo Jon Flobrant

 

En arrivant assez tôt sur place, vous avez la garantie d’avoir assez de temps pour explorer les lieux, d’essayer plusieurs compositions, plusieurs cadrages, et de trouver l’emplacement idéal pour le moment fatidique où la lumière sera exceptionnelle. Vous serez prêt ! Vous aurez trouvé la composition que vous vouliez et vous tirerez le meilleur de votre scène.

Vous ne pouvez pas savoir combien de fois j’ai été frustré d’arriver sur place seulement 5mn avant le bon moment, mais en fait bien trop tard pour faire une belle photo. Sur le coup, je me disais que ça ferait l’affaire, mais de retour à la maison, devant mon ordi, l’image était décevante, plate et sans intérêt. Parce que si j’avais eu le temps, j’aurai pu faire bien mieux. Parce que faire une belle photographie de paysage ne se résume pas à prendre en photo un beau paysage. Pire, lorsque je voyais plus tard de magnifiques photos de ces endroits où j’avais bâclé le travail, j’étais encore plus contrarié de mon amateurisme.

 

4. Pourquoi je prends la photo

 

Cette question peut surprendre, mais elle n’est pas ridicule. En fait c’est la base de tout travail photographique.  Il ne s’agit pas seulement de mise au point, de vitesse d’obturation ou de profondeur de champ, en photographie de paysage il y a davantage. C’est ce “plus” qui va faire la différence, c’est ce détail qui va faire d’une bonne photo, une excellente photo.

Quelle ambiance je veux donner à ma photo ? Quelle histoire vais-je raconter au travers de ma capture ? Ce sont autant de questions essentielles qui vont m’aider à réaliser une très bonne photo. En fait, c’est essayer de trouver les réponses à ces questions qui va booster ma créativité. C’est cela qui va m’aider à choisir ma composition, le bon cadrage, le bon moment pour déclencher.

Est-ce que je vais choisir un objectif grand angle, pour saisir une scène grandiose en utilisant les lignes de fuite ? Ou bien vais-je me servir de mon 70-200mm f/4 pour isoler mon sujet et le mettre en valeur ? Répondre à ces questions est indispensable, sous peine de faire une photo insipide. C’est devant mon appareil, sur le terrain, que je me pose ces questions.

 

photographie de paysage
Photo Donald Giannatti

 

En voici d’autres : qu’est ce que je veux que les gens ressentent en regardant ma photo ? Qu’est-ce que je veux leur dire ? Qu’est-ce que je veux qu’ils voient lorsqu’ils regardent ma photo ? Ces questions, vous ne pouvez y répondre que lorsque vous êtes sur place, derrière votre appareil, prêt à shooter. C’est aussi une des raisons pour lesquelles il faut absolument arriver tôt sur place. Il faut s’imprégner du lieu, soi-même en ressentir l’atmosphère, et ça, vous ne pouvez pas le faire en 5mn avant de shooter.

La photographie est un média, il sert donc à communiquer. Il arrive souvent que j’arrive à un spot que j’ai repéré, avec une idée préconçue. J’ai déjà en tête la photographie. Parfois ça fonctionne, souvent ça ne marche pas. Pourquoi ? Parce qu’une fois sur place, on est face à l’imprévu du moment, à l’inévitable petit grain de sable qui vient bloquer le process. Mais qu’est-ce que je voulais transmettre avec ma photo ? Si en fin de compte, je ne peux pas faire ce que j’avais en tête, malgré tous mes efforts, alors je n’insiste pas. Je reviendrai, c’est tout.

5. Faire les photos que l’on aime

Voilà le dernier conseil et peut-être le plus important de tous : faire des photos pour soi-même. J’ai écrit un article récemment sur Instagram où je développe cette idée selon laquelle Instagram, malgré ses côtés positifs, détruit la créativité parce que toutes les photos se ressemblent. Elles se ressemblent parce que les photographes font des photos qu’un certain public s’attend à voir et à aimer. Ils ne font pas de photos pour eux.

Je persiste et signe en maintenant que la photographie, comme tout autre forme d’art, est d’abord fait pour celui qui le crée. Au final, rien d’autre n’est plus important que le plaisir que le photographe a pris en créant son image. Rien d’autre ne devrait dépasser ce bonheur d’être en pleine nature, en essayant d’en saisir toute la beauté. De l’élaboration mentale de la photographie à l’image terminée, post-traitée et livrée sous son plus beau jour.

 

 

photographie de paysage
Photo Stef Kocyla

 

Faire des photos pour soi, et pas pour les autres. Et la critique dans tout ça ? Évidemment, les photos sont faites pour être regardées, et avec cela, critiquées. C’est naturel et inévitable, cela permet de progresser et de devenir meilleur. Mais il faut bien avoir conscience que les gens qui critiquent votre travail ne le font pas toujours de manière constructive. En fait, ils critiquent votre photo sur la façon dont vous l’avez prise, et vous disent en fait comment eux l’auraient prise.

Ce qu’ils auraient aimé voir dans votre photo n’est pas forcément ce que vous vouliez leur montrer. Dans ce cas, ces critiques ne sont pas bonnes à entendre. La photographie est un processus, et nous nous attendons à nous améliorer. Mais nous devons nous demander sur quel axe de progression nous devrions travailler. Ma réponse est claire : nous devons progresser dans la manière dont nous voulons créer des photos, dans la manière dont nous voulons communiquer avec notre image.

 

Conclusion

 

Malgré ma courte expérience en photographie, j’ai réussi à tirer les leçons de mes échecs et de mes réussites. Ce travail introspectif est nécessaire pour avancer dans son travail. Vous êtes-vous déjà demandé où vous en étiez ? En faisant cela, vous pouvez mesurer le chemin parcouru, mais surtout apprécier le chemin qu’il vous reste à parcourir…

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Moi c’est Stef, j'ai toujours aimé faire de la photo, mais j’ai commencé sérieusement à en faire en 2015, à l’occasion d’un voyage au Canada. Voyager est mon autre passion : partir à l’aventure, sac à dos, en road-trip, dans les plus beaux coins de la planète, le plus souvent sauvages. Combiner les 2 était donc une évidence, je partage avec vous sur ce blog mes années d’expérience, afin de vous inspirer à partir pour l’aventure, appareil photo à la main.

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