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Conseils

5 habitudes que chaque photographe devrait développer

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Ma batterie !! Un éclair de lucidité traversa mon esprit…Et si je l’avais oubliée chez moi… ? Les mains sur le volant, filant vers un coucher de soleil prometteur, je ne voulais pas y croire. Mon sac était dans le coffre de la voiture et pas moyen de m’arrêter sur la route.

Après tout, je n’avais pas pu l’oublier, pas la seule batterie que j’avais ! Je l’avais forcément enlevée de son chargeur et replacée dans mon appareil, je ne m’en souvenais pas, voilà tout…

Et puis, j’étais bien trop avancé sur la route et il était bien trop tard pour faire demi-tour…La lumière commençait à être belle sur les Flandres.

Les couleurs furent magnifiques. C’était une de ces chaudes journées d’été qui s’achevait en beauté sur le pays flamand. J’entendais presque Jacques Brel me chanter dans les oreilles son plat pays, « quand la plaine est fumante et tremble sous juillet… »

Je n’ai pas fait de photos ce soir-là. J’avais voulu bien faire, mais je l’avais fait seulement à moitié.

En photographie, il y a beaucoup d’imprévus, c’est d’ailleurs ce qui m’attire dans cette discipline. Mais j’aime aussi limiter ces imprévus aux choses que je ne peux pas contrôler.

Pour le reste, à force d’échecs qui me hantent encore aujourd’hui, j’ai développé une série d’habitudes qui m’épargnent pas mal de stress.

En voici 5 auxquelles je ne déroge plus jamais…

 

  1. Charger son matériel et le préparer la veille

 

 

Je ne vous parle pas des premières fois où j’avais purement et simplement oublié de charger ma batterie. Erreur de débutant que j’ai vite corrigé. Non, l’erreur qui m’a coûté un magnifique coucher de soleil, c’était de ne pas avoir préparé mon matériel à l’avance.

J’avais beau le savoir, j’avais beau le faire, il n’empêche qu’il m’a suffit d’une seule fois pour comprendre ma douleur. J’avais bien chargé ma batterie, mais je l’avais oubliée dans le chargeur chez moi.

Cela fait partie de la base, mais préparer son matériel suffisamment à l’avance permet d’éviter des mauvaises surprises.

Et vous le savez comme moi, les mauvaises surprises arrivent toujours à la dernière minute…

Comme cette fois où alors que je dépliais les pieds de mon trépied, je me suis aperçu que l’un d’entre eux était bien dévissé et ne tenais plus qu’à une petite visse…Si j’avais été plus consciencieux, je m’en serais aperçu la veille et j’aurais réparé ledit trépied en quelques tours de tournevis.

Je vous parle de cette fois où j’ai fait une séance entière avec une trace de doigt sur mon objectif ?

Ce n’est qu’en développant mes photos dans Lightroom que j’ai remarqué un petit cercle sur chaque photo qui était flou. J’ai mis un certain temps avant de comprendre que le problème venait de mon appareil : la coupable était une grosse trace de doigt bien grasse…

J’ai surtout passé un temps fou à supprimer manuellement les surfaces floutées, et sur certaines photos c’était même irrécupérable.

J’en ai parfois honte, mais c’est en faisant des erreurs qu’on apprend…à la dure !

J’en oublie encore, mais cela fait longtemps que cela ne m’est plus arrivé. Désormais, je passe mon matériel en revue la veille et m’assure que tout est ok.

 

  1. Utiliser les app locales de météo

 

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La météo. Un sujet qui fâche pour certains, en général ceux et celles qui ont des attentes particulières. Ou ceux et celles qui suivent aveuglément les prévisions de la merveilleuse app météo de leur smartphone.

Avant, j’utilisais l’application intégrée de mon Iphone. Comme tout le monde. C’était avant de me rendre compte qu’elle prévoyait parfois n’importe quoi comme météo.

Pire, elle n’indique pas de prévisions précises, mais plus une tendance, et souvent trompeuse. Combien de fois elle indiquait « nuages et pluie » alors qu’en réalité il n’y avait que 30% de risques d’avoir une averse au cours de la journée…

Bref, à force de voyager, j’ai appris à vérifier la météo d’une autre manière : les prévisions météo locales. Je veux dire « faites par des personnes habitant le pays ou la région ».

Je dois avouer que malgré tout, il en est une qui se distingue des autres. Depuis l’un de mes premiers voyages en Norvège, j’utilise leur application qui est vraiment fiable, yr, même lorsque je suis en dehors de la Norvège. C’est bien simple : je l’utilise comme principale app météo !

Ensuite, plus spécifiquement pour la photographie, j’utilise deux applications : Clear Outside et PhotoPills.

La première permet de prévoir assez précisément les nuages selon leur altitude, le brouillard…et la seconde permet de prévoir beaucoup de choses liées à la photographie, mais aussi la position du soleil et de la lune par rapport à votre situation géographique.

Les deux combinées, vous n’avez plus d’excuses pour rater un beau lever ou coucher de soleil.

 

  1. Repérage avant mais pas trop

 

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J’aime les surprises, mais je n’aime pas être pris au dépourvu.

J’ai déjà insisté sur l’importance du repérage, virtuel et sur le terrain. C’est indispensable.

Mais attention à ne pas tomber dans l’excès inverse : vouloir tout prévoir et tout planifier. Pour deux raisons.

La première, c’est qu’il faut laisser une place à l’inconnu. Une petite place, mais une place quand même.

Sans ça, vous n’aurez pas cette excitation qui vous agite quand vous découvrez un magnifique endroit, au gré de votre repérage, à la faveur d’une belle lumière horizontale…

C’est cette chasse au trésor qui rend excitant et passionnant notre activité de photographe de paysage.

Nous sommes tous des chercheurs d’or.

Donc utilisez des app comme Google Earth pour localiser les bons spots, le relief, les cours d’eau etc…ok, mais il ne faut pas se reposer entièrement dessus pour planifier sa séance.

Sinon, vous risquez fort d’être déçu.

Si vous avez des attentes, vous risquez d’être déçu. Si vous avez beaucoup d’attentes, vous risquez…Vous avez compris là où je veux en venir…

C’est pour cette deuxième raison que j’aime ne pas trop savoir ce qui m’attend.

J’aime la photographie parce qu’elle me fait voir ce qu’il y a de beau.

En ayant peu d’attentes, je suis plus ouvert à voir la beauté qui m’entoure.

 

  1. Prévoir de la marge

 

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Photo Stef Kocyla

 

Je préfère attendre deux heures pour rien que d’arriver 5mn trop tard pour un beau lever de soleil.

Partir à l’avance et arriver tôt sur place fait partie des habitudes auxquelles je ne dérogerai jamais.

D’un point de vue psychologique d’abord, c’est beaucoup plus confortable.

Et puis, il y a tout un tas de trucs à faire une fois sur place, même quand on connaît déjà l’endroit.

S’installer, sortir son matériel, explorer les lieux, trouver une belle composition…

J’ai une deuxième habitude sous-jacente à celle-ci : choisir un spot et ne pas en bouger (à l’intérieur d’un certain périmètre bien sûr, je bouge quand même évidemment…) sauf si un autre spot différent est suffisamment proche (moins de 15mn de distance).

L’expérience m’a montré qu’à trop vouloir changer de spot, on peut tout rater. L’éternelle question « et si c’était mieux ailleurs ? » est à enfouir bien profondément dans votre esprit.

Les apps, le repérage virtuel précédemment cités et le bon sens sont censés balayer ces doutes.

Si vous voulez photographier plusieurs endroits au lever de soleil, revenez une autre fois. La photographie est une affaire de patience.

Patienter, justement. Une fois installé, ce que j’aime faire, c’est patienter. Et observer.

Et réfléchir. Au sens que je veux donner à mes photos. A ce que j’aimerais transmettre à travers elles. En bref, à l’histoire que j’aimerais leur faire raconter.

J’aime beaucoup ce moment de méditation. Vivre l’instant présent, c’est aussi cela ma photographie.

 

  1. Sauvegarder ses photos…rapidement

 

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Photo Jonathan Farber

 

Enfin, s’il est une habitude que je conserverai tant que l’on aura pas inventé l’enregistrement instantané et automatique de mes photos dans un espace sécurisé aussitôt après les avoir prises (ouf, c’est long à dire…), c’est de les sauvegarder très régulièrement.

Parce que la technologie n’est pas infaillible, une carte mémoire peut être détruite. Ou perdue, ou volée.

Combien de fois à mes débuts, j’ai prié lors de certaines séances pour que mon appareil ne tombe pas dans l’eau, parce que j’avais sur la carte mémoire TOUTES les photos de mon voyage…

Si je perdais l’appareil, je perdais TOUTES mes photos…

Plus jamais ça.

J’ai même choisi d’acheter plusieurs cartes mémoires de tailles intermédiaires plutôt qu’une seule carte de grande taille.

Au moins, les pertes seront limitées si je n’ai pas eu le temps de les sauvegarder… (c’est parfois le cas lorsque je pars plusieurs jours en randonnée en montagne).

Sauvegarder ma production est devenu une obsession.

Je mets beaucoup d’efforts, de temps, d’énergie et d’argent pour les créer.

Les perdre n’est pas une option.

Je sauvegarde donc mes trésors sur un disque dur externe, au pire une clé usb, et dès que j’ai une connexion wifi, je sauvegarde le tout dans mon nuage, le cloud.

Oui, parce que même un disque dur externe peut être détruit. Ou perdu, ou volé…

 

Conclusion

 

On ne peut pas tout contrôler, et c’est ce qui fait le charme de la photographie de paysage. J’aime cette petite montée d’adrénaline, mais parce que j’ai développé des habitudes qui me rassurent.

C’est une forme de routine, mais qui est indispensable lorsque l’on veut produire des photos de qualité. Se structurer, c’est le premier pas vers l’expertise et la professionnalisation.

D’une part parce que ces habitudes vous enlèvent une part de stress, et d’autre part parce qu’elles ne vous feront rien regretter.

Si vous avez échoué, ce sera à cause d’autres raisons. Mais pas à cause de vous-même…

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10 Comments

  • Itinera magica

    Merci pour ces bons conseils, particulièrement au sujet des applis météo ! Je note !

    • Stef Kocyla

      Avec plaisir Ariane, content de t’aider à trouver la bonne météo ! Merci de ta visite et à bientôt !

  • Olivier

    Hello Stef,

    Merci également pour les apps météo, toujours utile plutôt que l’appli native, en effet!
    Ce doit être hyper frustrant de se rendre compte qu’on a oublié la batterie en arrivant sur place ou sur la route… Après, on peut transformer ça en séance de repérage histoire de n’avoir pas fait le chemin pour rien, mais quand même.
    Conseils très utiles cela dit, notamment la prépa du matos. Pas plus tard que ce matin, je me suis rendu compte que le filtre de mon téléobjectif était hyper crade (j’ai du prendre des embruns à la dernière sortie) juste au moment où un bateau passait sous les rayons du soleil levant, une belle image… Pas le temps de nettoyer (le temps que je passe du grand angle au télé c’était déjà juste…), et au développement, une photo franchement gâchée… Maintenant, y’aura plus d’excuses, nettoyage du matos la veille, impératif! L’apprentissage par l’erreur, on va dire… J’aurai eu le nez creux en lisant l’article plus tôt hier 🙂

    A bientôt!

    Olivier

    • Stef Kocyla

      Salut Olivier,
      je vois que tu as fait aussi l’amère expérience d’un manque de préparation de ton matériel ! Il faut être pris une fois pour vraiment en comprendre les conséquences, surtout quand on n’a pas deux fois l’occasion de faire un certain type de photos.
      Les apps ont réellement changé ma façon d’anticiper la grande inconnue : la météo. Grâce à elles, et avec la pratique, l’expérience et l’observation du ciel, j’arrive à plutôt bien savoir à quoi m’attendre, dans les grandes lignes. Après, en montagne par exemple, je ne prend pas leurs prévisions pour argent comptant, les phénomènes météo étant hyper-localisés et très changeants.
      Merci de ta visite et à bientôt !

  • gobois64

    Bravo Stef pour cet article rempli de bons sens, à nous maintenant d’acquérir ces réflexes de base

  • CHRISTIAN GAUTHIER

    Comme quoi porter un peu d’attention à la pratique de sa passion est indispensable. Partir pour une longue balade en vélo sans vérifier son matériel et remplir sa gourde va te faire payer ton insouciance. Réfléchir avant de passer à l’action doit devenir un réflexe et ceux qui ne le font pas en subisse les conséquences.

  • Anne Jutras

    Bonjour Stef,
    J’aime bien ton conseil sur le repérage. Le faire, mais en se laissant une marge de surprise. Tu as tout à fait raison là-dessus. L’émerveillement sera au rendez-vous et notre joie aussi. 😉

    • Stef Kocyla

      Bonjour Anne,
      oui, il fut un certain temps où je préparais trop mes sorties, et il m’arrivait d’être déçu par rapport à ce que je m’attendais trouver. Maintenant, je suis beaucoup plus ouvert à toutes les possibilités !
      Merci de ta visite et à bientôt !

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