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Inspiration

7 moyens pour débloquer votre créativité photo

https://youtu.be/r3ZMRY0wlMY

 

Soyons honnêtes, la créativité photo, ça ne se commande pas.

Vous avez beau avoir la créativité infuse, elle vous fait quand même parfois défaut. Nous sommes tous arrivés à un moment de notre vie de photographe où on patauge un peu, artistiquement parlant.

« La logique, c’est ce qui vous emmène d’un point A à un point B. L’imagination (la créativité), c’est ce qui vous emmènera partout. » Albert Einstein

Ça m’est arrivé l’année dernière, après un road-trip de 10 500 km entre Suède et la Norvège.

Le Grand Nord, l’Arctique, la toundra, les rennes, les fjords, le soleil de minuit, après ça, tout me paraissait un peu…fade…

J’avais réalisé un rêve de gosse, atteint un objectif ambitieux, mais comment rester motivé et inspiré après cette grande aventure ?

Je dois dire que mon travail de l’époque, dans les assurances, ne me laissait que les week-ends pour faire de la photo. Et encore, pas tous les week-ends… Autant dire que j’ai fait une pause forcée.

 

  1. Faire une pause pour retrouver votre créativité photo

 

Au commencement était l’idée.

Je pense qu’à l’origine, il y a une étincelle qui allume un feu en nous. Cette étincelle, c’est l’idée. Mais comment nait l’idée ?

En fait, on ne se pose même pas la question, on la prend quand elle vient, puis on attend la suivante. Moi je dis que l’idée a besoin de certaines conditions pour jaillir dans notre esprit.

C’est comme en jardinage : pour cueillir de beaux fruits, il faut une belle plante.

Pour avoir une belle plante, il faut du soleil, de la chaleur, de l’eau, des mots d’amour, un tuteur parfois, un bon terreau bien fertile et une graine.

Voilà : l’idée est la graine, le fruit la photographie. Il faut donc bien cultiver l’idée pour qu’elle devienne une belle photographie.

Faire une pause est parfois salutaire pour l’esprit.

Nous ne pouvons pas être toujours à fond, débordant d’énergie et de passion. Nous sommes tous des êtres humains, avec des hauts et des bas. Seulement, il existe des moyens pour que ces bas ne durent pas trop longtemps.

Quand je dis « faire une pause », c’est plutôt « faire une pose« , c’est-à-dire juste poser son appareil photo et garder son esprit grand ouvert et rester curieux.

Il faut profiter de cette pause (ou pose) pour s’intéresser à d’autres formes d’art par exemple.

Musique, peinture, sculpture, art floral…ce ne sont pas les domaines artistiques qui manquent.

Moi, je me tourne souvent vers la peinture et les maîtres flamands et hollandais du siècle d’or, j’y trouve une évasion temporelle qui m’apporte un autre regard sur mon environnement. Par exemple, j’adore me plonger dans les paysages hollandais du 17es. de Jacob Van Ruysdael et contempler la façon dont il a peint les ciels.

J’aime beaucoup m’évader dans la musique aussi, parfois certaines mélodies m’évoquent des paysages, des contrées ou des atmosphères que je veux photographier ensuite.

J’adore le blues, c’est un type de musique qui me parle : le rythme, les voix, les textes…Tiens, là au moment où j’écris ces lignes, j’écoute « Migration Blues » de Eric Bibb…

Mais je pense que tous les domaines sont susceptibles de m’inspirer en fait. L’autre jour, j’ai relu une B.D illustrant les chansons de Jacques Brel, et j’ai immédiatement compris pourquoi j’avais fait certaines photos il y a quelques années. Les dessins m’avaient inspiré sans que je ne m’en rende compte…

 

 

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Photo Mervyn Chan

 

  1. Partir en voyage

 

« Partir, partir, on a toujours un bateau dans le cœur… »

Je suis convaincu que changer d’air est bénéfique pour notre inspiration. Je l’ai constaté souvent, parce que je voyage souvent. Il y a bien un lien entre ce que nous vivons et notre perception de ce que nous vivons.

Il ne faut pas forcément partir loin.

Je peux très bien rafraichir mes idées à 2 pas de chez moi. Une journée à la mer (je n’ai pas de montagnes sous la main…) me suffit à retrouver de l’énergie et de l’inspiration. Une bonne bouffée d’air iodé et c’est reparti !

On passe son temps à chercher des destinations lointaines, mais je me rends compte que je ne connais pas toute la France.

Note à moi-même : s’échapper plus souvent le temps d’un week-end ailleurs en France…

Évidemment, lorsque l’on part à l’étranger, on est plus vite dépaysé. Facile pour moi, j’habite à la frontière belge et les Pays-Bas se situent à 1h30 de route et l’Angleterre à 2h00 de chez moi. Pratique pour faire un bon break. Et manger des scones…

Mais le résultat est là : j’en reviens toujours requinqué, souvent avec de belles images.

 

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Photo Natanael Vieira

 

  1. Trouver un projet

 

Le meilleur moyen selon moi pour booster sa créativité, c’est de raisonner en termes de série de photos.

Et non plus en « one shot ». Façon reportage.

Il est plus simple de trouver l’inspiration lorsque la photographie s’inscrit dans un projet. Celui-ci doit avoir une cohérence, il faut bien réfléchir à son thème.

Il est aussi possible de conjuguer la photographie avec d’autres passions, comme l’histoire, les animaux ou le sport. Faire un projet sur ces domaines peut être passionnant et être un véritable déclencheur pour trouver sa voie, voire son style en photographie…`

Par exemple, moi j’adore les routes.

J’aime les lignes qu’elles forment, les directions qu’elles prennent et les mythes qui les entourent. C’est un de mes sujets de prédilection et régulièrement, j’ai un projet autour du thème de la route. Ce qui m’attire, ce sont les histoires qu’elles racontent, et mon challenge, c’est de raconter leurs histoires avec mes photographies.

Trouver le fil rouge et essayer de construire une histoire autour, voilà qui est passionnant.

Au début, ce n’est pas toujours facile, mais on fait quelques shots et puis tout s’accélère, et la machine est lancée. On ne peut plus l’arrêter.

Il y aura du taf au post-traitement. Au lieu de péniblement réussir un bon shot, on se retrouve avec une série de bons shots parce que le projet dans sa globalité a servi de terreau pour notre petite graine.

 

  1. Se fixer des contraintes pour booster sa créativité photo

 

Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître…

Il n’y a pas si longtemps, l’appareil photo numérique n’existait pas. Point d’écran lcd, de pixels, de carte mémoire ou de Lightroom. La pellicule régnait en maître sur les boitiers argentiques, et les labos de développement photos fleurissaient les centres villes.

Si je repense à cette époque, c’est parce qu’en ce temps-là, les conditions techniques nous obligeaient (mais en avions-nous conscience alors…) à sélectionner nos shots. Les pellicules photos ne contenant qu’un nombre limité de prises de vues (24 ou 36 en général), on faisait attention à ce qu’on prenait en photo.

Le bon côté, c’est que ça boostait notre créativité photo.

Je dis ça aujourd’hui bien sûr, parce que j’ai le recul nécessaire pour le faire. Je peux comparer ce qui fut avec ce qui est. Réfléchir à la photo que l’on veut faire parce qu’on n’a pas droit à l’erreur signifie une chose : toutes la partie créative de votre cerveau s’illumine comme un sapin de Noël dans votre tête.

Alors un bon exercice que je fais lorsque ma créativité photo est en berne, c’est de m’imaginer avec un 24 coups au lieu de ma carte mémoire de 600 coups.

Je m’impose 24 photos maximum de ce que je veux photographier, et donc chaque composition est soigneusement pensée.

En résumé, il faut avoir l’esprit du débutant.

 

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Photo Jakob Owens

 

  1. Essayer de nouvelles techniques / changer de matériel

 

Ce qui m’amène au point suivant, quand on ne peut pas changer notre façon de faire, il faut changer nos outils pour le faire.

Le fait de changer de matériel, ou de technique photographique, peut modifier notre perception des choses et nous faire retrouver notre créativité perdue. Même principe que le voyage, il faut changer d’environnement, mais cette fois-ci d’environnement technique.

Si on est fan du grand-angle, alors il faut essayer le téléobjectif.

Nouvelles perspectives, nouvelles contraintes. Le meilleur moyen de débloquer sa créativité, c’est de résoudre un problème. Ou mieux, plusieurs problèmes à la fois. Nous résolvons nos problèmes en nous rappelant les problèmes similaires que nous avons déjà eus.

Seulement voilà, les chiffres montrent que cela n’arrive pas si souvent, en fait, on oublie nos problèmes.

Dans une étude de 2007, Kurz and Lowenstein ont mis en évidence que les participants ont tendance à mieux se rappeler leurs problèmes quand ils en ont 2 à la fois à résoudre.

Pourquoi ne pas changer de matériel et par la même occasion, changer de technique photographique ? Et si on se mettait au noir & blanc ? Ou à la pose longue ? Il n’y a que l’embarras du choix. Ou choisir un autre format ?

La créativité photo s’exprime aussi beaucoup lors du post-traitement.

Un même fichier RAW développé par plusieurs photographes pourra donner des photos très différentes. Tout simplement parce que l’interprétation du fichier est propre à chacun, il y aura donc autant de versions que d’individus qui le développeront.

 

  1. Connectez-vous avec d’autres photographes

 

Il ne faut pas rester seul dans son coin.

La photographie est un art qui évolue aussi parce que les artistes confrontent leur travail et s’inspirent mutuellement. Il ne faut pas croire que nous faisons ce que nous faisons de notre seul fait. Nous en avons puisé les bases chez d’autres photographes qui l’ont fait avant nous.

Se mettre en relation avec d’autres photographes, que ce soit par internet et Instagram, dans un club ou lors de rencontres dans un salon par exemple, est nécessaire pour échanger et communiquer avec nos confrères.

Cela permet de se tenir au courant des nouveautés, et surtout cela permet de trouver de l’inspiration.

Sur Instagram, j’ai rejoint 2 groupes de photographes avec lesquels j’ai des affinités et qui font un travail similaire, dans la photographie de paysage et de voyage.

Je sais qu’il y a certaines photos que j’ai faites qui sont directement inspirées par certains d’entre eux. Je dirais même que j’ai trouvé mon style au contact de certains d’entre eux !

Le seul danger que je voie à ce rapprochement avec d’autres photographes, c’est que cela peut avoir l’effet inverse.

Je vous invite à lire mon dernier article à ce sujet, et mon ras-le-bol de certaines des pratiques et comportements sur les réseaux sociaux. Il ne faut pas que les styles et les thèmes soient identiques aux nôtres, sous peine d’enlisement artistique.

Ce que j’aime voir chez les autres, ce sont de nouvelles approches, de nouvelles techniques, et non voir toujours et encore les mêmes choses.

 

  1. Participer à des concours / missions

 

Dans la même lignée que le point précédent, un bon moyen de booster sa créativité photo est de se mettre un petit coup de pression.

Gentiment, hein, mais le fait d’avoir un temps imparti pour rendre sa copie peut vraiment doper son génie créatif. Un peu comme lorsque j’évoquais plus haut la limitation des prises de vue, limiter le temps pendant lequel on prend des photos est un très bon stimuli.

L’autre bienfait des concours, c’est qu’ils nous donnent aussi des repères. Par rapport aux autres bien sûr, mais aussi par rapport à soi-même. Année après année, on peut mesurer le chemin parcouru en constatant par exemple les sélections et les récompenses.

Et goûter à la satisfaction du travail bien fait.

En revanche, l’écueil de ces concours est de ne pas se comparer aux autres. Je veux dire de la mauvaise manière. Il faut garder du recul par rapport à ce que font les autres, et se souvenir que comme dans toute forme d’art, la subjectivité est très importante.

Ce qui plaît aujourd’hui ne le sera pas forcément demain.

Je préfère suivre des missions. Les missions (« assignements » en anglais) sont des concours organisés par des magazines, souvent en ligne, et qui n’ont pas les mêmes enjeux que les concours. Elles sont moins officielles, formelles et ça permet de ne pas trop se prendre au sérieux…

 

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Photo Eric Park

 

Conclusion

 

Quel vaste sujet que la créativité photo, cette flamme qui brûle en chacun de nous et qui parfois est un peu moins grande.

Je vous ai donné dans cet article mes trucs pour la raviver, mais je suis certain qu’il en existe d’autres. J’y travaille moi-même tous les jours.

Et vous, comment faites-vous lorsque ça vous arrive ? Quels moyens utilisez-vous pour entretenir la flamme ?

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