Histogramme
Technique

Comment réussir ses photos grâce à l’histogramme

Le constat est tombé, aussi aiguisé et tranchant que le couperet d’une guillotine : votre photo est surexposée, mais genre vraiment surexposée… Les blancs sont cramés et vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer. Pourquoi ? Parce que vous leur avez fait confiance, à vos yeux, et aussi à l’écran lcd. À tort.

Je vais vous apprendre quelque chose peut-être : vous ne pouvez pas faire confiance à vos yeux. À l’histogramme si.

Histogramme
Histogramme à la prise de vue

Si vous voulez capturer toute la beauté d’un paysage en étant sûr et certain de ne pas vous louper sur l’exposition, alors vous allez oublier la prise de vue Liveview. Cela suppose bien sûr que votre appareil offre la possibilité d’afficher l’histogramme à la prise de vue…

En tant que photographe, nous avons trop tendance à nous fier à notre œil et à l’interprétation que nous faisons de ce qu’est une exposition correcte. Et ce n’est pas forcément bien. Pour une bonne raison : c’est qu’un écran, c’est juste un écran…une machine quoi…et depuis quand vous faites confiance aux machines, vous ?

Vous ne pouvez pas fonder votre jugement à partir du seul et unique critère de l’aspect de votre photo sur un écran. Ce que vous voyez, c’est juste une image jpeg qui ne tient pas compte de toutes les différences de tonalités.

Alors comment se sert-on de cette arme fatale ? Allez, on y va pour la partie technique :

  1. Qu’est-ce que l’histogramme ?

Histogramme
Histogramme

Un histogramme, c’est un graphique qui représente la répartition des tons sombres et des tons clairs dans une image. Sa forme la plus simple, l’histogramme monochrome gris, est celui qui montre la luminance (ou la luminosité) d’une image. Il est disponible sur la plupart des appareils reflexes et hybrides.

Le capteur est quadrillé par des cellules photosensibles appelées photosites. Quand le capteur de votre appareil capture une image, le processeur crée une image jpeg diffusée sur l’écran lcd. Le processeur va échantillonner la luminance de chaque photosite et lui attribuer une valeur de luminosité qui va de 0 (noir absolu) à 255 (blanc absolu). Chaque valeur de luminosité comprise entre 1 et 254 contient des détails, plus la valeur étant importante et plus la luminosité étant claire.

L’axe horizontal de l’histogramme contient 256 petites colonnes (o-255), avec la colonne des tons sombres sur la gauche et la colonne des tons clairs sur la droite. Plus une valeur de luminosité particulière contiendra de photosites, plus la colonne sera grande. L’appareil créant un nouvel histogramme pour chaque nouvelle image. Ça va, vous êtes toujours là… ?

  1. Comment lire l’histogramme

La gamme des tonalités visible sur l’écran varie en fonction de la lumière ambiante et de sa propre luminosité. Il faut savoir que le capteur capture davantage d’information que ce que montre l’écran. L’histogramme contiendra ainsi une source plus fiable, précise et consistante des informations de l’exposition.

Un histogramme qui est coupé à gauche, c’est-à-dire collé contre le côté gauche, signifie que des informations seront perdues dans les ténèbres des tons sombres.

Histogramme
Histogramme à gauche

De la même manière, un histogramme coupé à droite signifie que des informations seront perdues dans l’éclatante clarté des tons clairs. C’est ce que vous voulez éviter lorsque vous recherchez une exposition correcte.

Histogramme
Histogramme à droite

En revanche, il n’existe pas d’histogramme « parfait ». Sa forme dépend de la distribution de lumière dans une scène, alors que sa position à droite ou à gauche dépend de la quantité d’exposition donnée dans l’image. La hauteur des colonnes n’a donc aucune importance (le fait qu’il soit parfois coupé dans sa hauteur signifie juste qu’il n’y avait pas suffisamment de place pour tous les photosites.

Histogramme
Histogramme centré

La quantité d’exposition que vous donnerez à votre image est un choix créatif. C’est bien pour ça qu’il ne peut y avoir d’histogramme parfait.

  1. Comment gérer l’histogramme

Si on résume la situation, lorsque votre histogramme se trouve à gauche, vous augmentez l’exposition (avec la molette de correction de l’exposition) pour qu’il se décale à droite, et inversement pour le décaler à gauche. Problème réglé.

Oui mais seulement il y a un « mais ». Parfois, une scène contient une différence de lumière beaucoup trop importante pour que le capteur puisse l’enregistrer. C’est dans cette situation où vous pouvez mixer plusieurs expositions qui couvrent toute la gamme, ou bien utiliser un filtre gradué à densité neutre pour diminuer l’exposition des parties les plus claires.

Exposer à droite ou ne pas exposer à droite ?

That’s the question…En fait, certains de mes petits copains photographes ont tendance à exposer à droite, surtout quand il y a beaucoup de contrastes dans la scène. Le gros avantage, c’est que cela vous permet de garder un maximum de détails dans les ombres. Et vous évitez le bruit sur votre photo. Je vous invite à lire cet article du blog « Apprendre la photo » de Laurent Breillat qui vous explique parfaitement cette technique.

J’utilise moi-même cette technique de temps en temps, lorsque ce que je veux montrer le nécessite. En revanche, cette technique oblige à une parfaite maîtrise de l’appareil, la marge d’erreur étant très petite, vous ne devez pas vous louper !

Mais personnellement, j’ai tendance à souvent sous-exposer mes prises de vues. J’utilise rarement des filtres gradués à densité neutre, je trouve ça trop encombrant et pas pratique du tout, surtout, je perds en spontanéité. Je préfère sacrifier les ombres (contre un peu de bruit, et encore très très bien maîtrisé par mon boitier) et préserver les hautes lumières, qui contiennent des informations plus importantes pour la création de ma photo définitive.

Ce sont les parties claires qui vont attirer le regard et qui vont m’être indispensables pour ma création. Voilà pourquoi je prends rarement le risque d’exposer à droite. Le choix de l’exposition étant d’abord et avant tout un choix créatif.

Comprendre l’histogramme de luminescence améliorera vos photos et vous fera comprendre plus facilement ce qu’est l’histogramme RGB (Red, Green, Blue).

  1. L’histogramme RGB

Histogramme RGB
Histogramme RGB

Alors que l’histogramme de luminance représente les détails de votre image, l’histogramme RGB vous montre les couleurs de votre image.

Pour capturer les couleurs, une matrice (de Bayer) est placée sur le capteur, il s’agit en fait d’une mosaïque de filtres colorés (rouge, vert et bleu – Red Green Blue : RGB). Pour reconstituer l’image en couleurs, on associe à chaque photosite un pixel sur lequel on retrouve les informations de couleurs, avec une couleur prédominante.

On laisse de côté la partie technique 5mn pour illustrer tout ça. Une image vaut tous les grands discours.

J’ai choisi 2 images qui proviennent du même fichier RAW, que j’ai capturé il y a quelques semaines dans les montagnes Suisses. La première est celle telle qu’elle apparaissait sur mon écran, la seconde est la même après quelques ajustements de base (hautes lumières, exposition, ombres surtout) dans Lightroom, mais sans post-traitement poussé et définitif.

Histogramme
Avant post-traitement
Histogramme
Après post-traitement rapide

Si j’avais voulu que les ombres soient bien exposées, c’est-à-dire conformément à ce que mes yeux voyaient, j’aurais brulé les hautes lumières définitivement. Si j’avais diminué les hautes lumières suffisamment pour qu’elles soient visibles sur l’écran, les ombres auraient été pleines de bruit. Je savais que pour capturer cette scène à très forte dynamique en 1 seul déclenchement sans utiliser de filtre ni de technique de post-traitement poussé était de ne pas faire confiance à mon écran, mais à l’histogramme.

Malgré une image pourrie sur mon écran, l’histogramme me disait que j’avais capturé tous les détails dans les ombres et les hautes lumières. Et le format RAW de mon fichier m’a permis de tout récupérer après un bref post-traitement.

CONCLUSION

Photographier « à l’histogramme » requiert un appareil capable de le diffuser à la prise de vue, mais surtout une bonne maîtrise de celui-ci.

D’une manière générale, je ne conseille pas trop de se fier uniquement à la technologie, mais plutôt de laisser l’artiste qui se trouve en chacun de nous s’exprimer. Dans ces situations de forts contrastes cependant, la technologie est une aide précieuse, et conjuguée à votre esprit créatif justement, elle peut vous éviter le désastre et vous permettre de créer un petit chef d’œuvre !

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Moi c’est Stef, j'ai toujours aimé faire de la photo, mais j’ai commencé sérieusement à en faire en 2015, à l’occasion d’un voyage au Canada. Voyager est mon autre passion : partir à l’aventure, sac à dos, en road-trip, dans les plus beaux coins de la planète, le plus souvent sauvages. Combiner les 2 était donc une évidence, je partage avec vous sur ce blog mes années d’expérience, afin de vous inspirer à partir pour l’aventure, appareil photo à la main.

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