La seule manière de progresser en photographie
Conseils

La seule manière de progresser en photographie

 

Vous pouvez vous acheter un nouvel appareil. Ou mieux, un nouvel objectif. Ou encore un nouveau trépied…Mais tout ça ne vous fera jamais autant progresser en photographie qu’une seule chose.

Allez, un peu de patience, je vous explique tout dans un instant.

C’est une réflexion que j’ai en tête depuis longtemps, mais qui a pris tout son sens lors de mon dernier séjour en Provence, dans les champs de lavande.

Je n’avais presque rien préparé. Un vrai touriste.

Il faut dire que d’habitude, je suis plutôt du genre à bien préparer mes sorties. Seulement, là, je n’avais pas voulu le faire parce que je pensais que ce ne serait pas vraiment nécessaire.

Il faut dire qu’il y a tellement de photos des mêmes endroits, des mêmes arbres, des mêmes sites… J’avais l’impression qu’à part ceux-ci, le reste ne méritait pas d’être photographié.

Comme si l’envers du décor était moins joli. Moins inspirant.

En fait, j’avais peur d’être déçu.

Et puis j’ai pris une grosse claque. C’est tout le contraire qui s’est produit.

J’ai été émerveillé par ce que j’ai vu, respiré, entendu, touché et goûté.

Un feu d’artifice pour les sens.

Et vous savez pourquoi ? Parce que j’ai fait une chose que je ferai plus souvent : j’ai pris le temps.

 

  1. Prendre le temps pour progresser en photographie

 

Progresser en photographie
Photo Stef Kocyla

 

Je ne vous cache pas que j’étais un peu stressé en arrivant sur place, je ne savais pas où aller, je n’avais aucun plan en tête.

Mon seul plan était de vagabonder sur le plateau de Valensole.

J’avais juste jeté un coup d’œil à une bonne vieille carte routière Michelin. Je me suis vite rendu compte qu’il y avait beaucoup de routes et de chemins couvrant le plateau, donc qu’à priori aucun lieu n’était inaccessible.

Je ne pouvais pas me perdre. Et pourtant je me suis perdu.

Volontairement.

J’ai rangé ma carte, et puis j’ai erré sur les routes, les chemins, en voiture, à vélo, à pieds…

J’ai pris mon temps, sans pression, sans autre but que de me faire plaisir.

J’ai vu les sites touristiques, les champs hyper-photographiés, le nouveau terrain de jeu des influenceuses et des influenceurs.

En robes blanches dans les lignes de lavande, chapeaux vissés sur les têtes. La course aux likes et aux followers se passe ici.

Mais j’ai vu aussi ce qu’ils n’ont pas pu voir. Quand on fait la course, on va trop vite pour apprécier ce genre de choses.

Un voyage immobile

Des choses simples en apparence, des moments où j’étais absolument seul au milieu de la lavande, seul avec le vent, le soleil et les abeilles.

Vous voyez, quand vous prenez le temps d’explorer, de découvrir et de vous imprégner d’un lieu, vous investissez dans votre apprentissage.

Il vaut mieux passer une semaine au même endroit qu’une semaine à 7 endroits différents.

C’est contre-intuitif mais pourtant c’est la réalité. Parce que 7 endroits différents en 7 jours, c’est survoler les choses.

Je n’ose pas dire “bâcler le travail”, mais dans ce cas, il reste très superficiel.

Vous ne pouvez pas comprendre les lieux en quelques heures et puis passer au suivant.

Là, vous fonctionnez en mode robot.

Dans ce cas, où sont donc vos émotions, vos impressions, votre ressenti, votre regard sur les lieux quand vous n’avez que quelques heures à leur consacrer ?

En revanche, passer 7 jours au même endroit vous donne accès à un grand luxe : le temps vous appartient.

Le temps a plus de valeur que l’argent.

Le temps est une ressource limitée qui doit être intelligemment gérée, dépensée et investie.

Passez du temps sur place, parce que c’est une grande source de frustration chez beaucoup de photographes.

Si vous pensez que vous raterez des choses à d’autres endroits alors que vous ne bougez pas de place, vous vous trompez. Vous devez faire des choix. Vous ne pouvez pas être partout à la fois.

Concentrez-vous sur une chose, en sachant ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas.

Vous vous sentirez libérés d’un poids quand vous arrêterez de vous inquiéter de ce que vous pourriez rater ailleurs. Donnez-vous un but et investissez du temps pour atteindre ce but.

Restés concentrés.

 

  1. Pourquoi il faut du temps pour progresser en photographie

 

La seule manière de progresser en photographie
Photo Stef Kocyla

 

Progresser en photographie demande du temps. Beaucoup de temps.

Vous avez le temps d’observer votre environnement, d’essayer différentes compositions et de l’exploiter au mieux.

Encore mieux, vous avez le luxe de revenir aux endroits qui vous inspirent le plus. Revenir à d’autres moments de la journée, pour profiter d’une lumière plus avantageuse. Revenir lorsque la météo est différente.

Vous vous créez plus d’opportunités. Pour être au bon endroit au bon moment.

Vous êtes dans un laboratoire de plein air. Vous expérimentez différentes techniques, différents réglages, et vous faites marcher votre créativité.

Vous prenez le temps de faire ce que n’importe qui ferait pour devenir vraiment bon dans son domaine : pratiquer.

Quelle discipline, quel sport, quelle matière à l’école, quelle forme d’art nécessite peu de temps pour être parfaitement maîtrisée ? Aucun, aucune.

Prenez Michael Jordan par exemple. Il n’est pas devenu le meilleur basketteur de tous les temps en une nuit. Ni même en une saison de la NBA. Il lui a fallu des années de travail acharné.

Demandez à n’importe quel artisan, musicien, avocat ou médecin, chacun reconnu dans son domaine, s’ils y sont parvenus en peu de temps…

Pourquoi en serait-il autrement en photographie ?

Observer, apprendre, pratiquer, échouer, recommencer

Si vous voulez devenir bon dans ce que vous faites, vous devrez pratiquer, pratiquer encore, pratiquer toujours.

Et oui : pratiquer demande du temps.

Progresser en photographie est un processus. Le talent seul ne suffit pas.

“Il n’y a pas de raccourcis. Il n’existe pas de substitut au travail difficile. La chance survient quand la préparation rencontre l’opportunité. Cela n’arrive pas par hasard.”           Tim Grover – Préparateur physique et mental en NBA

Le problème, c’est que l’on croit que faire une photo c’est facile et rapide, il suffit de trouver un beau paysage, de viser et d’appuyer sur le déclencheur, et voilà, c’est dans la boite ! Rien n’est plus faux.

Voilà ce qui provoque beaucoup de frustrations et de découragement chez les apprentis photographes. On leur fait croire, consciemment ou inconsciemment, que faire de belles photos, qui ont du style, qui ont de l’atmosphère, c’est simple et surtout rapide.

C’est tout le contraire. C’est long et difficile.

Le premier service que vous pouvez vous rendre, c’est d’en avoir conscience.

Beaucoup de personnes veulent réussir, mais peu d’entre elles sont prêtes à faire ce qu’il faut pour réussir.

Si vous voulez un bon conseil, ne vous comparez pas aux autres photographes.

Comparez-vous aujourd’hui à celui que vous étiez hier.

Si vous voulez avoir des repères par rapport à votre niveau actuel, il est plus sage de mesurer le chemin que vous avez parcouru jusqu’à présent plutôt que de vous comparer à d’autres qui sont plus ou moins avancés sur le même chemin.

En ce qui me concerne, régulièrement, peut-être une fois par an, je regarde les photos que j’ai faites un an auparavant. Et je me rends compte à chaque fois combien c’est long et difficile pour véritablement maîtriser quelque chose.

Petits progrès deviendront grands

Les progrès sont peut-être petits, mais ce sont toujours des progrès.

Rappelez-vous : la photographie n’est pas une course, une compétition dans laquelle nous aurions tous pris le même départ, au même endroit, au même moment, pour finir sur la même ligne d’arrivée.

Les photographes que vous admirez, qui sont reconnus pour leurs œuvres, ont tous, sans exception, mis beaucoup de temps pour arriver là où ils en sont. Ils n’ont pas eu plus de chance que vous, ils n’avaient pas forcément plus de talent que vous.

En revanche, ils partageaient une chose avec vous, au départ : ils ne pensaient pas que cela leur prendrait autant de temps pour maîtriser leur art. (Robert Green – Mastery).

Ce qui les a fait devenir des Maîtres, c’est toute l’énergie, tous les efforts, l’argent, et plus que tout, c’est tout le temps qu’ils ont décidé d’y consacrer pour y arriver.

Donc posez-vous la question : que suis-je prêt(e) à faire pour vraiment progresser en photographie ?

 

  1. Comment gérer votre temps pour progresser en photographie

 

Comment progresser en photographie
Photo Stef Kocyla

 

Vous êtes conscient(e)s que cela va prendre du temps avant de devenir le(la) photographe remarquable que vous voulez devenir.

Mais comment fait-on pour trouver le temps d’apprendre, de pratiquer, de se perfectionner ?

C’est vrai, beaucoup d’entre nous ont des vies déjà bien remplies, par nos emplois, nos vies de famille, nos loisirs…

Même si on est conscient que cela va prendre du temps, il n’est pas toujours évident d’en trouver. De là naissent aussi beaucoup de frustrations, en tous cas chez moi au début.

Puis j’ai analysé ma situation. J’ai décomposé mon emploi du temps.

J’ai identifié les tâches indispensables et nécessaires à mon équilibre et mon bien-être (emploi, famille, sport) et celles dont je pouvais me passer sans problèmes (Instagram, Facebook, télévision, quelques heures de sommeil).

Bref, j’ai réussi à me dégager du temps, chaque jour, pour me consacrer à la photographie.

Ce n’est pas nécessairement du temps où je peux pratiquer la photographie, surtout en hiver lorsque les journées sont courtes. C’est aussi du temps pour lire, beaucoup, sur la photographie, les photographes, mais aussi les artistes peintres, qui sont une grande source d’inspiration pour moi.

Je passe aussi du temps à partager mes trouvailles avec vous, sur ce blog.

Mais le temps que je réussi à dégager pour me consacrer à ma passion n’est pas extensible. Je l’optimise, je le rentabilise. Comment ?

En faisant 2 choses : j’ai la volonté de le faire et je me concentre en le faisant.

Volonté et concentration

Quand vous vous dites « je suis trop occupé, je n’arrive pas à trouver le temps », ce n’est pas vrai, en fait, vous ne le voulez pas.

Personne ne vous oblige à passer du temps avec certaines personnes, personne ne vous oblige à faire toutes ces choses qui ne vous apportent rien.

La volonté est comme un muscle dans votre esprit, vous devez donc agir comme un sportif : vous devez la cultiver.

Ensuite, la concentration est la capacité à contrôler l’attention de votre esprit et à la diriger vers un seul et unique centre d’intérêt pendant une période prolongée.

Comment s’entraîne-t-on à le faire ?

En ne faisant qu’une seule chose à la fois. Le meilleur moyen d’améliorer votre concentration est de pratiquer tous les jours cet exercice : ne faites qu’une seule chose à la fois.

Vous pensez peut-être que ce sera contre-productif. Vous vous trompez.

Comme lorsque je vous disais plus haut que pour progresser en photographie, vous deviez choisir un endroit et vous concentrer sur celui-ci plutôt que d’en survoler une dizaine d’autres.

Si vous avez 3 tâches à accomplir dans la journée par exemple, prenez-les une par une. Ne commencez jamais une nouvelle tâche avant d’avoir complètement terminé la précédente.

Vous serez plus efficaces et productifs que si vous faisiez les 3 à la fois.

Ne commencez pas non plus par fixer la barre trop haute. Si vous n’avez pas réussi à faire les 3 tâches prévues, ce n’est pas grave, vous les reprendrez le lendemain.

En photographie, vous verrez que cette méthode vous fera faire les choses plus lentement. En apparence seulement.

Parce que vous serez plus attentif(ve)s, vous retiendrez mieux ce que vous apprendrez, vous comprendrez mieux ce que vous voulez faire.

Mais ce que je vous dis là est aussi valable dans tous les domaines…

Une marche après l’autre.

 

Conclusion

 

Je pense que beaucoup d’apprentis se découragent au bout d’un certain temps, parce qu’ils s’aperçoivent que malgré la maîtrise des réglages de leur appareil photo, malgré leur popularité sur Instagram, ils n’ont pas l’impression de progresser.

Comme si on leur avait vendu une illusion avec leur appareil.

Ils pensaient y arriver en un an ou deux, ils ne savaient pas que cela leur prendrait des dizaines d’années.

Ils courent un sprint alors qu’il s’agit d’un marathon.

Personne ne leur a dit qu’il leur faudrait d’abord et avant tout être patients et consistants dans leurs efforts.

Personne ne leur a dit que la seule manière de progresser en photographie, c’est d’y mettre le temps.

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  

11 Comments

  • BIGAND

    Super article qui, par ses mots… par vos mots, apprends à gérer son temps en photographie et surtout les désillusions que cela peut créer. Je suis ravi de lire ce genre d’article ! Merci à vous et continuer comme ça.

    • Stef Kocyla

      Merci beaucoup Florian,
      c’était un article un peu plus philosophique aujourd’hui, avec un peu de conseils pratiques, et je suis heureux qu’il t’ait apporté quelque chose. Je trouve que cette question du temps, et de la gestion du temps est trop peu abordée en photographie, alors qu’elle est essentielle pour le développement de l’artiste.
      Merci de ta visite !

  • Tony Dinand

    Un bel article inspirant pour tous ceux qui survolent…. personnellement je prends mon temps depuis toujours et je ne me sers pas du travail des autres photographes pour m’inspirer. Tout de même merci pour cet article qui rappelle quelques fondamentaux

    • Stef Kocyla

      Merci beaucoup Tony,
      on pense souvent que pour progresser il existe des astuces secrètes, des trucs magiques qui permettent de progresser à pas de géants, alors que la réalité est plus logique. Merci pour ton témoignage !

  • gobois64

    Un article plein de bon sens et tellement enrichissant à titre personnel, en prenant son temps on découvre toujours quelque chose de nouveau, d’inattendu. Tu as bien raison Stef, mais je reconnais que cela est plus facile pour moi maintenant que je suis à la retraite 🙂 Bon maintenant je vais visionner ta vidéo et je te souhaite une bonne continuation !
    Gérard

    • Stef Kocyla

      Merci beaucoup Gérard, oui j’ai voulu cet article un peu plus philosophique, histoire de prendre conscience de l’importance du temps qui passe en photographie et dans notre vie de tous les jours…Merci encore et à bientôt !

  • Olivier

    Hello Stef,

    Chouette article (comme toujours) et vidéo très sympa, surtout par sa conclusion qui rappelle que l’humilité est importante dans n’importe quel art 🙂
    Prendre son temps amène effectivement de belles découvertes, que ce soit un nouveau spot, moins accessible, ou un endroit qu’on a déjà photographié mais sous une lumière différente, en arrivant plus tôt ou en partant plus tard.
    Et puis, marcher pour atteindre ce nouvel objectif, ça permet déjà de réfléchir à ses réglages et faire le check dans sa tête des choses auxquelles penser quand, comme moi, on débute.

    Le plus dur c’est la frustration ressentie quand on pense se diriger vers un endroit avec du potentiel vu de loin et, qu’en fait, on est déçu. Idem quand on revient sur un lieu où on a fait une série sympa et que les conditions ne sont plus réunies. Mais bon, la gestion de la frustration est un bon exercice, et ça oblige à revenir encore et encore jusqu’à ce que…

    A bientôt

    Olivier

    • Stef Kocyla

      Salut Olivier,

      oui j’aurai pu comparer la photographie à la pêche, dans les 2 disciplines il faut savoir être patient et on peut prendre une belle prise comme on peut rentrer bredouille. Mais quoi qu’il en soit, on passe un très bon moment dans la Nature ! Marcher permet en effet de se préparer mentalement à ce que l’on voudrait faire, c’est un moment d’inspiration aussi pour moi.
      Oui, gérer ses frustrations n’est pas facile, surtout au début. Après, avec l’expérience, et surtout en sachant que le processus est long, on finit par leur accorder moins d’importance. Après tout, il y aura tellement d’autres occasions à venir…

      Merci beaucoup pour ton commentaire et à bientôt !

  • lilian

    salut stef , encore un superbe article ” philosophique ” mais juste surtout quant on regarde le monde dans lequel on vit ou tout doit aller vite , j ai un petit dicton qui dit ” que partout ou l on aille il ne faut pas ce contenterez de voir mais prendre le temps de regarder ” , ca rejoint totalement ce que tu dit
    Encore une fois je préfère passer du temps dehors a me balader et peut être tomber sur un spot superbe plutôt qu être derrière son ordi pour essayer de sublimer une photo qui a été faite en quelques secondes sur un spot hyper connut et dont le résultats ne sera jamais a la hauteur
    Ca m arrive de rester 30min ou 45 min a attendre la bonne lumiere , qui arrive de temps en temps mais si on attend pas on l aura jamais et tes photos seront toujours bof
    Il n ai pas rare non plus que je prépare une sortie et de ne pas sortir mon appareil car la lumiere n ai pas au rendez vous ou comme hier par exemple plus d eau sur une cascade , mais je prend toujours le temps de contempler la nature et aussi de la sentir ( tu la tres bien expliquer dans ta video la nature a de bonne odeur , celui qui n a pas sentie un sous bois l automne ne sait ce qu il ratte )
    encore merci pour tes video et tes article je les avalent littéralement

    • Stef Kocyla

      Salut Lilian,

      merci beaucoup, j’aime bien ton dicton, c’est toute la différence entre “voir” et “regarder” en effet. Tu as la bonne démarche selon moi, passer du temps à l’extérieur, dans la Nature, n’a pas de prix. Même si on revient bredouille, on a appris du temps passé à observer, méditer et s’inspirer pour les prochaines fois.
      Pareil que toi, parfois je ne sors même pas mon matériel, il vaut mieux vivre le moment présent plutôt que de vouloir le capturer. Et vivement les couleurs de l’automne pour se promener en forêt !

      Merci encore et à bientôt !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Recevez la vidéo gratuitement -

Développez des photos ternes dans Lightroom