lignes de fuite
Technique

Utilisez les lignes de fuite pour diriger le regard dans la photo

Lorsque je suis arrivé dans les Hautes Fagnes, dans les Ardennes belges, j’ai été aussitôt saisi par l’immensité des lieux. Le paysage alterne entre forêts d’épicéas et d’anciennes tourbières, paradis des randonneurs, des vététistes et des chasseurs.

Seulement voilà, comme je l’ai dit, c’est grand. Très grand, vaste à vrai dire. Et moi je suis avec mon grand angle…je vais me marrer pour faire mes compositions, il n’y a pas grand-chose qui accroche le regard. Si, une chose me saute aux yeux : les lignes de fuite.

Elles sont présentes un peu partout dans la nature, qu’elles soient bien visibles ou bien imaginaires. Ici, dans les Hautes Fagnes, elles sont matérialisées par les chemins de caillebotis. L’Homme a dû s’adapter à ce sol marécageux imbibé d’eau, et a construit ces jolis chemins de planches de bois.

Cool, non seulement je vais marcher dessus, mais en plus ils ils m’inspirent cet article, parce que les lignes directrices, en photographie, c’est un élément à ne pas négliger pour réussir ses photos.

Concrètement, comment je fais pour utiliser les lignes dans mes photos ? Je me suis posé la question, et j’ai essayé de décortiquer mon process. Pas simple. J’ai identifié 3 étapes dans la création de mes images concernant les lignes de fuite.

lignes de fuite
Photo Stef Kocyla
  1. J’observe mon environnement, je recherche les lignes.

C’est la première chose que je fais. L’observation est super importante dans mon process de création. Je peux rester un long moment sans sortir mon appareil photo, juste pour m’imprégner des lieux. Observer pour comprendre.

D’où vient la lumière, pour commencer. De la même manière que les lignes de fuite, la lumière est une des clés pour conduire le regard du lecteur. Elle peut également mettre en valeur certaines lignes.

Ensuite, je recherche les formes. Triangle, rond carré, rectangle…le poids visuel de chaque élément va peser dans la composition. Il existe toutes sortes de formes dans la nature, il suffit juste d’exercer son œil pour les repérer.

À partir des formes, je peux identifier les lignes. LA question à se poser à ce moment précis c’est : « est-ce que les lignes que j’ai identifiées peuvent faire une photo ? » En gros, il s’agit de visualiser la photo avant de la faire. Cela va peut-être paraître évident, mais si les lignes ne font pas une photo, alors je ne sors même pas mon appareil et je vais voir ailleurs si j’y suis.

Parfois, il semble qu’il n’y a pas de lignes, alors qu’elles existent. Comme ici, dans cette photo de ce célèbre canyon aux États-Unis. Les lignes étaient présentes, mais  pas forcément au bon endroit. J’avais besoin d’un élément qui conduise le regard vers cette belle courbe. Un élément humain fait très bien l’affaire, quelqu’un qui regarde vers ce canyon invite le lecteur à regarder ce qu’il regarde.

lignes de fuite
Photo Stef Kocyla
  1. Je recherche le bon cadrage

Vertical ou horizontal ? That’s the question ! Petite parenthèse sur la règle des tiers. Oui cette fameuse règle des tiers que l’on vous dit tantôt de respecter, tantôt de contourner sans scrupules. En fait, elle provient de la règle d’or, définie par un architecte romain qui divise les espaces d’un cadre de manière inégale pour qu’ils soient agréables à regarder.

Les lignes de force de la règle des tiers en sont directement inspirées. Voilà pourquoi placer son sujet sur ces lignes de force améliore l’aspect visuel de l’image. J’essaie de respecter les proportions idéales en photographie, soit 1 tiers pour 2 tiers. Ça, c’est quand ça marche.

Quand ça ne marche pas, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de photo possible. Ça veut dire qu’il faut rechercher une autre composition. Mais j’en reviens au cadrage. C’est peut-être le moment d’orienter l’appareil verticalement. En gros, lorsque la majorité des lignes sont horizontales, j’oriente mon appareil horizontalement et vice versa.

Lorsque je crée ma composition, j’ai toujours à l’esprit cette question : « où veux-je que le regard se dirige dans ma photo ? » C’est d’abord cela qui conditionne mon cadrage. Mais comment se comporte le regard sur une photographie ?

Des études scientifiques ont démontré que dans notre civilisation occidentale, notre regard effectue une lecture en Z de l’image. De gauche à droite et de haut en bas. Donc, quand je compose mon image, je superpose en fait les lignes de forces avec ce balayage en Z et j’essaie de trouver des dénominateurs communs.

Compliqué ? Au début peut-être, mais à la longue, ça devient évident et naturel, j’ai presque envie de dire « instinctif ». Il faut juste avoir dans les yeux cette grille des tiers, comme un filtre. Je scanne ma scène de cette manière, comme un robot qui cherche une cible à verrouiller.

Vous les voyez les lignes de force dans cette photo ? Allez, faites un effort…!

lignes de fuite
Photo Stef Kocyla
  1. Je mets en valeur ces lignes au post-traitement

Le post-traitement, c’est la touche finale, mais certainement la plus importante. Les lignes sont l’ossature de ma photo, et je dois encore, parfois, les mettre en valeur. La photo brute ne rend que rarement justice à la scène que j’ai photographiée. Les lignes de fuite comme le reste a besoin d’être boosté pour que cela devienne plus évident et que cela facilite le travail des yeux du lecteur.

Quand je dis « mettre en valeur » les lignes, je veux dire les formes de l’image. Ce sont elles qui supportent les lignes, et pour cela il y a tout un tas d’outil dans Lightroom pour les sublimer. Accentuer un contraste, réduire l’exposition ou les hautes lumières, déboucher les ombres…

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Photo Stef Kocyla

Conclusion

Les lignes de fuite sont un excellent moyen de conduire le regard dans la photographie. Mais il n’est pas le seul, dans un prochain article, je vous parlerai de la lumière. La lecture de la photographie est importante, et en photographie de paysage je conseille d’adopter cette “matrice” des tiers dans votre esprit. Non pas que tout doit y correspondre, loin de là, mais que lorsque ça “matche” avec votre scène, il y ait des clignotants partout dans votre tête qui vous disent : c’est bon, il y a une photo !

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Moi c’est Stef, j'ai toujours aimé faire de la photo, mais j’ai commencé sérieusement à en faire en 2015, à l’occasion d’un voyage au Canada. Voyager est mon autre passion : partir à l’aventure, sac à dos, en road-trip, dans les plus beaux coins de la planète, le plus souvent sauvages. Combiner les 2 était donc une évidence, je partage avec vous sur ce blog mes années d’expérience, afin de vous inspirer à partir pour l’aventure, appareil photo à la main.

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