Photos minimalistes
Conseils

5 clés pour réaliser des photos minimalistes comme Michael Kenna

Une grosse claque, voilà ce que j’ai pris l’autre jour lorsque j’ai vu pour la première fois le travail de Michael Kenna. Si vous ne connaissez pas cet artiste, je vous invite peut-être à vous aussi, vous prendre une grosse claque !Bienvenue dans le monde des photos minimalistes !

Michael Kenna est un photographe de paysage anglais qui vit à Seattle aux États-Unis. Ses photographies en noir et blanc se concentrent sur l’interaction entre les paysages naturels et les traces laissées par l’Homme. Ses poses parfois très longues de plusieurs heures donnent un aspect laiteux à certaines de ses œuvres, avec du grain, un peu à la manière des peintres impressionnistes.

Faire plus avec moins, suggérer plutôt que montrer et laisser la place au rêve et à l’imagination. Voilà votre mission, si vous l’acceptez, pour réussir des photos minimalistes.

J’ai étudié le travail de Michael Kenna, parce que nous avons beaucoup à apprendre de son travail même si on ne fait pas (encore) de photos minimalistes comme moi. Voici 5 points que j’ai identifié comme étant une caractéristique commune à certaines ses photos, qui en font de grandes photos minimalistes.

 

  1. Pour créer des photos minimalistes, il faut faire simple

 

Créer une image minimaliste ne veut pas dire forcément faire simple, mais c’est souvent le cas. Ce qui frappe quand on regarde une œuvre minimaliste, c’est la puissance d’un nombre infime d’éléments qui vont suggérer une quantité importante d’information. Le choix de ces éléments est donc crucial.

C’est pour cela que les photographies minimalistes sont simples mais jamais simplistes. Lorsque je parle de composition dans mon précédent article sur comment photographier les couleurs de l’automne, j’évoque le principe de sélectionner les éléments qui vont intégrer le cadre de l’image et donc d’en exclure d’autres. C’est plus que jamais à observer en photographie minimaliste.

photo minimaliste
Photo Michael Milverton

 

  1. Pour créer des photos minimalistes, il faut utiliser l’espace négatif

 

L’espace négatif que l’on essaie de combler en composition classique de paysage, hé bien en photographie minimaliste, il faut s’en servir. Il va être un élément de la composition à part entière, mais attention, pas n’importe comment ! Comme le dit Michael Kenna, et je le cite :

« I often think of my work as visual haiku. It is an attempt to evoke and suggest through as few elements as possible rather than to describe with tremendous detail. »

Il voit son œuvre comme un Haiku, et je le rejoins complètement sur ce point, que j’ai déjà évoqué dans le premier article de ce blog à propos de ma vision de la photographie. Suggérer plutôt que montrer, selon lui le travail de l’artiste consiste non pas à montrer le monde tel qu’on le voit mais plutôt de suggérer ce qu’il est en créant un questionnement pour le lecteur de l’image. Comme un Haiku…

 

Photo minimaliste
Photo Fabrice Villard

 

  1. Pour créer des photos minimalistes, il faut penser différent # break the rules

 

Sortir les éléments de leur contexte, il n’existe plus de règles des tiers, plus de pseudo-règles de composition de photographie de paysage. Il faut penser différemment, penser comme un hors-la-loi et comment enfreindre toutes ces règles. Il faut abandonner son esprit cartésien et laisser faire son génie créatif.

Comme le disait Henri Cartier Bresson, une grande photo est toujours à la limite du désastre, et en photographie minimaliste, il ne faut pas avoir peur de prendre des risques. Il faut avoir le courage de penser autrement et d’essayer de créer un choc pour le lecteur.

 

Photo minimaliste
Photo Adriaan

 

  1. Pour créer des photos minimalistes, il faut choisir une belle géométrie

 

Vous connaissez ce jeu que l’on trouve dans certains magazines et journaux : le jeu des points numérotés qu’il faut relier pour former une image. Hé bien c’est l’idée : il faut penser en « points et lignes ». Devant nous ne s’étend plus un paysage mais une succession de points et de lignes.

Tout ceci va former une géométrie dont nous allons nous servir pour créer notre image. Les collines, les formes des forêts, les cours d’eau, les clôtures comme les utilise Michael Kenna, sont autant de formes géométriques qui vont constituer un cadre minimaliste.

La symétrie est une caractéristique géométrique très présente dans le minimalisme en photographie. L’équilibre des formes dans le cadre aide le regard à la parcourir et l’esprit à emprunter un chemin de pensée.

 

Photo minimaliste
Photo Willian Justen De Vasconcellos

 

  1. Pour créer des photos minimalistes, il faut jouer avec les ombres et lumières

Choisir la période de l’année pour faire ce type de photo est aussi important. Une saison s’y prête plus que les autres : l’hiver. Les couleurs sont plus ternes, s’il y a de la neige c’est encore mieux, le monde devient quasiment monochrome.

Si Michael Kenna utilise le noir et blanc, c’est en partie pour surligner et intensifier le message minimaliste de ses photographies. Le regard n’est pas perturbé par des couleurs, il n’y a pas de pollution colorimétrique. C’est comme si on dépouillait l’image d’une partie de son contenu, pour que l’élément « couleur » ne brouille pas l’essentiel du message de la photographie.

La lumière, c’est un des éléments qui va guider le regard dans une photo. En photographie minimaliste, elle devient un élément de la composition, aussi importante que les ombres. Beaucoup de choses peuvent être évoquées avec le jeu de la lumière et des ombres.

 

CONCLUSION

 

L’atmosphère générale de la photographie va aussi contribuer à exprimer son message. C’est dans une espèce de mystère que l’esprit se pose des questions, et c’est l’une des principales vocations de la photographie minimaliste. Suggérer avec peu d’éléments beaucoup de choses.

Je vous avouerais que c’est un domaine de la photographie que je découvre en profondeur et qui m’attire de plus en plus, mais ce n’est pas si facile de casser les habitudes… Je pense qu’il est bon également de s’équiper différemment pour faire ce type de photos. Un téléobjectif facilitera grandement le travail, parce que naturellement il va contraindre l’esprit à sélectionner son cadre.

Je pense qu’il faut s’inspirer beaucoup du travail des maîtres minimalistes comme Michael Kenna pour compléter l’apprentissage de cette technique. J’aime beaucoup lire ce que pensent ces photographes-là, c’est très instructif pour comprendre leur manière de penser et de fonctionner.

Et vous, seriez-vous intéressé par l’interview d’un photographe minimaliste ?

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Moi c’est Stef, j'ai toujours aimé faire de la photo, mais j’ai commencé sérieusement à en faire en 2015, à l’occasion d’un voyage au Canada. Voyager est mon autre passion : partir à l’aventure, sac à dos, en road-trip, dans les plus beaux coins de la planète, le plus souvent sauvages. Combiner les 2 était donc une évidence, je partage avec vous sur ce blog mes années d’expérience, afin de vous inspirer à partir pour l’aventure, appareil photo à la main.

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